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27 octobre, 2009

Retour sur « Querelle » de Rainer Werner Fassbinder

Classé dans : Non classé — henrychapier @ 12:24

Réputé inadaptable à l’écran, le chef-d’œuvre sulfureux de Jean Genêt n’a cessé de hanter Rainer Werner Fassbinder jusqu’au jour où il a relevé le pari le plus risqué de sa carrière.

Le personnage de « Querelle », qui se lançait sur ses proies avec ce mélange de séduction perverse, de veulerie, et de pulsions criminelles correspondait à la vision de l’homosexuel présente dans d’autres films de Fassbinder. Fasciné par le monde interlope de Jean Genêt, le cinéaste savait bien que sa traduction en images donnerait lieu à une mise en scène brutale, délirante, jouant sur le paroxysme grâce à une direction d’acteurs impitoyable.

Le climat haletant du film contraste avec certaines longueurs voulues par Jean Genêt, et leur effet sur notre imaginaire.

C’est ainsi que « Querelle » devient une étape capitale dans l’œuvre de Fassbinder, un film radical et dérangeant qui finit pour lui appartenir en propre.

Tourné en 1982 en temps-record, ce dernier film du cinéatse aborde la mythologie de l’univers gay qui le hante depuis toujours, et resserre l’intrigue compliquée du roman de Jean Genêt pour n’en garder que la quintessence.

Ce qui l’obsède c’est la relation entre Eros et Thanatos, la fatalité qui veut qu’une sexualité débridée mène inévitablement à la mort. On reconnaîtra que la chanson de Jeanne Moreau reprenant les paroles d’Oscar Wilde « each man kills the thing he loves » éclaire le côté dévorant de l’amour-passion qui caractérise la nature profonde de l’homosexuel et ses fantasmes. Lysiane, le personnage qu’elle incarne, celui d’une « femme à pédés » amoureuse de Querelle, et qu’elle ne peut atteindre que par son langage cru et ses provocations, fait partie de ce monde interlope où se croisent dans son bar Brad Davis la marin assassin, Franco Nero le capitaine du navire qu’il subjugue et Laurent Malet, la jeune proie disponible.

Dans le décor volontairement tarabiscoté qu’il fabrique, Fassbinder installe sa partition à plusieurs voix, en accentue la mise en scène théâtrale, ce climat oppressant allant de pair avec un abus de sur-cadrages, une préférence pour les plans-séquences, et une photo plongée dans la fumée des cigares… Les cinéphiles y découvriront certains clins d’œil au cinéma underground américain du début des années 60, épris d’érotisme masculin et d’un esthétisme kitsch propres à l’émergence de l’hédonisme dans la contre-culture gay.

Réalisé sous l’emprise des paradis artificiels, « Querelle » n’atteint pas le niveau du « Droit du plus fort » ni celui du magistral « Berlin Alexanderplatz », peut-être parce que la pugnacité du discours politique et social des grands films de Fassbinder ne cadrait guère avec l’univers de « Querelle », centré sur des pulsions et des fantasmes intimes, et une attente inconsciente de la mort.

N.B. : Précisons que le D.V.D. de « Querelle » sortira chez Gaumont mais que l’on peut actuellement revoir grâce à Carlotta ce film-culte dans les salles.

13 octobre, 2009

Le ruban blanc de Michaël Haneke

Classé dans : Non classé — henrychapier @ 17:25

« Le Ruban Blanc » nouveau film de Michael Haneke, et Palme d’Or du festival de Cannes 2009 est à coup sûr son œuvre la plus accomplie, celle qui se distingue de toutes les autres par sa maturité, son message universel, et une belle distance sur son penchant naturel, à savoir la volonté obsessionnelle de déranger avec une certaine jouissance légèrement perverse de son spectateur.

Curieusement, une grande partie des critiques ont cédé à un réflexe pavlovien : comme le récit se situe dans l’Autriche des années vingt, on n’a voulu voir dans ce film qu’un prélude à l’époque nazie. Or la vision pessimiste de Michael Haneke sur la nature humaine dépasse les limites de la géographie et de l’Histoire, dès lors qu’elle relève d’un constat valable sous tous les méridiens et à n’importe quel moment de l’évolution de nos sociétés. Pour être clair, la conviction profonde de Michael Haneke est qu’il n’y a guère d’évolution ou de progrès dans le comportement des êtres, une philosophie partagée par Berkeley et Shelley qui expriment déjà au XIXème siècle que le « human betterment » était une chimère, que les religions ou les lois sociales les plus sévères n‘étaient qu’un paravent hypocrite, sinon la plus dangereuse des contraintes.

Le fait que Michael Haneke situe son récit au cœur d’un village allemand protestant aux alentours de 1913, qu’il choisit à dessein la beauté du noir et blanc, ou encore qu’il décrit avec minutie les rapports sociaux tendus qui font partie du quotidien de ses habitants laisse penser que « le Ruban Blanc » est un film historique.

Figure centrale du récit, le pasteur père d’une famille nombreuse, impose à ses enfants un code de la pureté et de l’innocence, fait de sévices et de châtiments. Cette violence les victimes du bourreau l’exercent en retour sur leurs propres congénères, ce qui nous rappelle la vision d’un La Bruyère qui pensait qu’à l’origine les têtes blondes étaient par définition dès leur naissance des monstres en devenir.

Faut-il penser dès lors que Michael Haneke réduit son propos à l’émergence du nazisme, alors que de telles situations perdurent dans nos sociétés contemporaines pour ne citer que ce qu’inflige de nos jours la loi islamique aux femmes en Afrique ou en Asie, et bientôt en Europe ?

Parsemé d’énigmes, « le Ruban Blanc » laisse chacun libre de ses interprétations, ce qui rend ce film curieusement interactif et dans l’air du temps. Paradoxalement, il nous interpelle par tout ce qu’il insinue et ne montre pas, jouant autant sur notre imaginaire que sur notre admiration à l’égard de l’esthétique de sa réalisation.

Mais trêve de superlatifs : ne manquez sous aucun prétexte l’arrivée le 21 Octobre prochain du « Ruban Blanc » sur nos écrans.

1 octobre, 2009

Bonjour tout le monde !

Classé dans : Non classé — henrychapier @ 12:44

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